logiciel libre de droit

Le logiciel libre pourrait-il nous faire sauver des millions ?

Ce billet est une réponse à celui écrit par Mohamed L. Diallo sur son blogue personnel qui stipule que des problématiques peuvent survenir au sujet du support et de la sécurité de l’utilisation de logiciel libre pour donner suite à un article du journal Le Soleil.

Si les logiciels libres étaient utilisés en plus grande quantité dans le milieu gouvernemental, celui-ci pourrait faire économiser des centaines de millions de dollars à la population. Ce que M. Dialo semble insinuer c’est qu’il faut considérer divers facteurs qui pourraient causer d’autres dépenses en agissant ainsi.

La formation du logiciel libre a un coût

Un des facteurs à prendre en considération est les délais de livraison que ces changements pourraient provoquer. Imaginez-vous l’adjointe administrative qui doit remettre un travail à son directeur en utilisant Open Office au lieu de la suite bureautique Office de Microsoft qui est utilisée en grande partie présentement.

La solution à ce problème est la formation. Il est vrai qu’à court terme, les fonctionnaires devraient se former à ces nouveaux outils libres, ce qui engendre des coûts monétaires et de délais. Cependant, ces formations sont quand même données présentement pour des logiciels licenciés. Les écoles d’administration formeraient les futurs travailleurs sur ceux-ci.

À court et moyen terme, la transition nécessiterait effectivement un certain coût, mais, je crois que l’évaluation des économies doit être effectuée sur une décennie pour être répartie adéquatement et d’y mesurer les avantages/désaventages.

Libre ne veut pas dire gratuit

Plusieurs personnes croient que libre veut dire gratuit, c’est faux. Un document du Conseil du trésor québécois définit le logiciel libre comme suit : « [4] Un logiciel libre et ouvert est avant tout un logiciel dont l’utilisation, l’adaptation et la distribution sont soumises à des conditions permissives. Les utilisateurs de logiciels libres et ouverts bénéficient d’une liberté substantielle.

Cette liberté constitue le cœur du mouvement du libre et repose sur le principe fondamental de la libre circulation des connaissances. Techniquement parlant, les logiciels libres et ouverts ne sont pas différents des autres types de logiciels. Leur caractère distinctif réside plutôt dans la méthode innovatrice utilisée par leurs auteurs pour gérer la propriété intellectuelle.

En effet, plutôt que d’avoir recours aux protections accordées par le régime du droit d’auteur pour contrôler l’utilisation de leurs œuvres, ces derniers les utilisent pour faciliter et promouvoir leur distribution à très grande échelle. Ainsi, le terme « libre » fait référence à la liberté accordée à leurs utilisateurs.  

Cependant, cela ne signifie pas que ces logiciels soient libres de tous droits. Contrairement à ce que certains pourraient croire, les logiciels libres et ouverts ne font pas tous partie du domaine public. L’acquisition de la plupart d’entre eux fait l’objet d’un contrat de licence et c’est ce dernier qui définit les droits et les obligations qui y sont associés. »

La sécurité

Le site du gouvernement du Canada Cyber.gc.ca nous apprend qu’« une organisation qui souhaite acquérir de nouveaux logiciels peut envisager d’utiliser les produits libres tout autant que les produits commerciaux. Les logiciels libres comportent certains avantages, car leur code source est accessible au public, ce qui en fait une option abordable et souple pour les organisations. Or, ils peuvent engendrer leur lot de surprises. Bien qu’ils soient pratiques, les logiciels libres peuvent comporter des vulnérabilités et des risques pour la sécurité de votre organisation. ».

Ces critères à considérer sont pour moi semblables à l’utilisation de logiciels licenciés. Une bonne hygiène informatique devrait diminuer le risque d’incident de sécurité lié à l’utilisation de ses logiciels. Pirater un logiciel, qu’il soit libre ou non demeure illégal.

En résumé, le texte de monsieur Diallo, bien que j’aurais aimé que ce dernier développe plus sur le sujet, nous informe correctement. Les logiciels libres ne riment pas toujours avec économies et sécurité. Cependant, des études pourraient être effectuées par nos gouvernements sur le sujet, car je crois que le remplacement de certains logiciels rependus nécessitent des licences (Exemple, Windows serveur) pourrait être remplacé et faire économiser des millions, sinon des centaines de millions de dollars à nos gouvernements. Pour la sécurité, ces logiciels doivent faire parties d’un processus de surveillance et d’hygiène informatique au même titre que toute l’infrastructure TI.

Dany Brisson

Lamatimbo, V. T. L. A. P. (2018, 25 octobre). Logiciel Libre- Économie d’argent. Le blog de Mohamed L Diallo. https://mldiallo179687459.wordpress.com/2018/10/25/logiciel-libre-economie-dargent/

Gouvernement du Québec – Conseil du trésor. (2013). LOGICIELS LIBRES ET OUVERTS – Guide de référence. https://www.tresor.gouv.qc.ca/fileadmin/PDF/ressources_informationnelles/logiciels_libres/ll.pdf

Considérations liées à la sécurité dans le cadre de l’utilisation de logiciels libres (ITSAP.10.059). (s. d.). Cyber.gc.ca. Consulté le 26 août 2021, à l’adresse https://cyber.gc.ca/fr/orientation/considerations-liees-la-securite-dans-le-cadre-de-lutilisation-de-logiciels-libres

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